Steve Missillier monte sur le podium de Val d'Isère
Le slalom de Val d'Isère avait mal commencé côté français dimanche 12 décembre avec l'éviction dès le matin de Jean-Baptiste Grange et Julien Lizeroux, mais Steve Missillier a renversé la tendance en s'offrant, le jour de ses 26 ans, son premier podium en Coupe du monde.
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Le discret jeune homme était peut-être le plus surpris de se retrouver troisième, derrière deux talentueux Autrichiens, le jeune Marcel Hirscher en vainqueur, et la star Benjamin Raich, en dauphin.
"Je suis revenu de loin !", a raconté le skieur du Grand-Bornand. Car en première manche, il n'avait réalisé que le 25e temps à 1 sec 80 du leader italien Manfred Mölgg, quand Raich, alors 3e, et Hirscher, 4e, étaient bien placés.
Mais ce 25ème rang qui lui permettait de s'élancer dans les premiers en après-midi fut finalement un avantage, alors que la piste plongée dans l'ombre se dégradait rapidement au passage des concurrents.
"Cela a commencé à devenir intéressant au passage des dix derniers. J'étais encore troisième au passage de Manfred Mölgg, le dernier au départ, et ça aurait pu faire quatrième... Ces émotions ont rajouté encore plus de joie à ce podium", a souligné le Haut-Savoyard.
Crédité du meilleur temps de la seconde manche, il opéra ainsi une spectaculaire remontée de 22 places.
Ce fin skieur à la silhouette longiligne et au sourire timide est l'un des talents repérés très tôt dans cette génération 1984, celle de Grange et d'Adrien Théaux.
Le premier a gagné le slalom Levi mi-novembre, le second a enlevé son premier podium, avec une 2e place en super-G à Beaver Creek. Restait au plus jeune à sortir de l'ombre.
"C'est vrai que cela faisait un petit moment qu'on m'attendait. J'espère que le prochain podium ne sera pas dans dix ans !", a avancé Missillier, peu à l'aise dans l'art de se mettre en avant. Et quand on lui rappelle que sur cette Face de Bellevarde, considérée comme une des pistes les plus sélectives du circuit, il avait fini sixième aux Mondiaux en 2009, il répond: "mais il y avait eu plein d'abandons".
Epique
Dimanche, le slalom fut à nouveau épique, ce qui n'enlève rien à sa performance. Nombre de prétendants furent piégés dès la première manche, dont le champion olympique, l'Italien Giuliano Razzoli, le champion du monde autrichien Manfred Pranger et son compatriote Reinfried Herbst, vainqueur de la Coupe du monde de slalom 2010. Mais aussi Grange, gagnant du globe de cristal en 2009, et Lizeroux, le vice-champion du monde.
Déjà sorti en géant après à peine quelques secondes samedi, Grange est en panne, n'ayant pas terminé une seule manche en trois courses. "J'ai été affecté par le géant, plus que je ne pensais", a souligné le skieur de Valloire. Déjà rentré bredouille des Mondiaux en 2009 sur cette Face, où il courait pour l'or, le Savoyard ne sait plus comment apprivoiser cette piste.
Lizeroux s'en voulait lui d'avoir cédé à son tempérament fougueux: "J'ai 31 ans, je devrais avoir beaucoup d'expérience, mais j'ai attaqué le slalom tambour battant alors qu'il fallait privilégier les trajectoires. J'ai voulu skier avec mon coeur, mais aujourd'hui, c'est n'importe quoi !"
La Face, Hirscher en raffole: "J'aime Val d'Isère, et Val d'Isère m'aime", a lâché l'Autrichien. A 21 ans, il empoche sa 3e victoire en Coupe du monde, sa première en slalom, un an après avoir remporté là-même son tout premier succès, en géant.



