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Le CNRS des Alpes fête ses 50 ans sur la presqu'île scientifique de Grenoble

Le Centre National de Recherche Scientifique de Grenoble souffle 50 bougies pour célébrer sa présence sur la presqu'île et inaugure un bâtiment unique en Europe. Durant 4 jours, le public est invité à visiter l'ensemble des locaux.

  • Par Céline Aubert
  • Publié le 11/04/2013 | 16:03, mis à jour le 12/04/2013 | 00:41
L'infiniment petit, à la loupe.
L'infiniment petit, à la loupe.
Les nanosciences sont extrêmement exigeantes. Pour leur étude, les contraintes sont drastiques. Le bâtiment qui, à Grenoble, est depuis peu dédié aux sciences de l'infiniment petit, est donc doté de performances exceptionnelles. 

Le CNRS s'offre un bâtiment dédié aux nanosciences
Lieu de tournage : Grenoble. Intervenants : Benoît Sage, responsable des services techniques au CNRS Alpes. Pierre Mallet, chercheur au CNRS Alpes. Vincent Bouchiat, chercheur au CNRS Alpes.

Il est d'abord protégé de toute perturbation électrique, acoustique ou magnétique. En dessous des salles blanches, une centrale traite aussi l'air, pour éradiquer les poussières qui ne doivent pas dépasser 1.000 particules par mètre cube.

Toute la tuyauterie est montée sur ressorts, pour éviter les vibrations. Même la maçonnerie est conçue comme un isolant. "Le bâtiment tout entier a été construit autour d'énormes blocs béton, ils ont été construits en premier", explique Benoît Sage, le responsable des services techniques du CNRS Alpes.

L'étude du graphène


Exemple concret des expérimentations qui seront menées dans ce bâtiment sans vibration, les études pratiquées sur le graphène. Les équipes utilisent un microscope très perfectionné qui sonde la matière à l'échelle du nanomètre, le millionième de millimètre. Une échelle incompatible avec la moindre vibration. "D'où l'utilité - essentielle - d'un plot anti-vibration complètement déconnecté du plancher (sur lequel repose le microscope) qui va me permettre de réaliser des expériences ultra stables",explique le chercheur Pierre Mallet.  

Le graphène est un cristal bidimensionnel de carbone dont l'empilement constitue le graphite. Il a été isolé en 2004 à Manchester.
Le graphène est le constituant du graphite, le matériau des mines de crayon, à la dimension atomique. Les chercheurs du CNRS tentent d'en décrypter les mystères, car les enjeux sont importants. "La technique employée nous permet de cartographier la surface du graphène à l'échelle atomique", poursuit Pierre Mallet, "et de sonder ses propriétés techniques exceptionnelles, qui ont été révélées il y a quelques années". 

A terme, le graphène est destiné à remplacer les électrodes transparentes qui composent les écrans d'ordinateur et de télévision. Ces électrodes sont faites à base de matériaux polluants, oxydes d'indium ou d'étain (cf Les Promesses du graphène sur France Info). Le graphène permettra d'éviter ces soucis. 

Le CNRS sur la presqu'île depuis 1963


C'est en 1963 qu'arrive le premier laboratoire alpin du CNRS sur la presqu'île de Grenoble. Un laboratoire qui avait en fait été créé en 1946 par Louis Néel, Prix Nobel de physique et artisan de l'essor scientifique de la ville. 

Voici le premier laboratoire du CNRS, implanté à Grenoble en 1963.
Voici le premier laboratoire du CNRS, implanté à Grenoble en 1963.

En cinquante ans, le CNRS de Grenoble a largement rayonné. Cet établissement public emploie 2.300 personnes pour 53 laboratoires. De la recherche fondamentale ouverte sur l'innovation technologique. Depuis 2001,  il compte à son actif 289 brevets et plus de 2.000 contrats industriels (dont le fameux graphène).
 
A l'origine, les chercheurs travaillaient sur deux spécialités, l'électrostatique et la physique du métal. Le CNRS alpin est depuis devenu pluridisciplinaire, des champs magnétiques aux nanosciences. C'était le vœu formulé par Louis Néel, le fondateur.





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